Fédération des Très Petites Entreprises

 
 
 
 
 
 
 

Conséquences de la crise -Tribune

La crise financière internationale est née de la baisse de valeur des prix de l’immobilier aux Etats Unis qui a entrainé des défauts de paiements sur ces crédits dénommés « subprime » entrainant des pertes considérables dans les institutions financières. Malgré des normes prudentielles très réglementées les normes comptables  ont une responsabilité très importante dans la propagation de la crise. En effet le principe comptable de la « fair market value »  a imposé aux établissements financiers de constater des dépréciations lors de l’effondrement des dérivés de crédits « subprimes »  conduisant à la minoration des fonds propres  et à se recapitaliser en bradant des actifs afin de respecter les obligations réglementaires et à conserver leurs notations financières.

Mais très rapidement il est apparu que plus aucune banque n’était en mesure de prêter de l’argent soit par manque de liquidités soit par manque de confiance pour des engagements à long terme auprès des grandes entreprises effrayant ainsi les actionnaires de ces grandes entreprises. La conséquence de cette crise financière conduit ainsi à une baisse de la croissance mondiale voire une récession avec par corrélation une inflation très faible, un dégonflement de la bulle des matières premières et l’épuisement des liquidités  car la perte constatée des valeurs boursières est équivalente à l’excédent d’épargne mondial. En outre les taux de croissance faibles vont conduire à des destructions massives d’emplois et un retour des Etats dans l’économie.

Il ne faut oublier que cette crise financière n’aurait pas existé si en 1995 les banques américaines n’avaient pas eu l’obligation de prêter de l’argent à des foyers insolvables et si l’ingénierie financière n’était pas bâtie sur des modèles mathématiques. La prise de conscience conduira le monde capitaliste vers moins de prise de risque au détriment de la croissance, vers plus de régulation au détriment de l’innovation mais avec des profits tirés des revenus de l’activité et non plus des services financiers.

Le ralentissement économique découlant de la crise financière doit inciter la France à poursuivre sa politique de rigueur et de réformes mais sans pour autant :

-baisser les dotations de péréquation versées aux communes et d’autres organismes publics pour 2009 et ce dans l’attente d’une réforme des finances locales et de la fiscalité qui en découle et ce pour éviter une hausse trop importante de la fiscalité locale qui imputerait lourdement le pouvoir d’achat,

-ne pas transférer dans l’immédiat de nouvelles charges aux collectivités locales et ce dans le souci de préserver le pouvoir d’achat qui sera déjà imputé des recettes amoindries des droits de mutation liés directement à la situation immobilière et aux possibilités des particuliers à financer leurs acquisitions ou à revendre leurs biens,

Et à :

-à ne pas créer de nouveaux impôts ou nouvelles taxes imputant le pouvoir d’achat,

-faciliter le financement des PME et TPE, qui sont les grandes créatrices d’emplois, par l’intermédiaire des organismes financiers ou par l’application des lois LME afin de promouvoir l’idée d’un financement défiscalisé,

-et en cette période de Présidence de l’Europe il est souhaitable de faire admettre à la BCE que la hausse du taux directeur à aggraver la récession et que la politique de l’euro fort a transféré vers la zone euro une quote-part de l’ajustement américain.

 

 

 
Dernière modification : 11/11/2008