Fédération des Très Petites Entreprises

 
 
 
 
 
 
 


 
 
 
 
 
 

NISSAN : attendons la vérite

Exrait d  un article de  l Opinion  du 22 11 208

NISSAN : attendons  la vérité ...

Le conseil d’administration de Nissan a destitué jeudi son président Carlos Ghosn, que le constructeur japonais accuse de fraude financière, rapporte la chaîne de télévision japonaise NHK. Le vote des administrateurs a été unanime, selon le média japonais. L’agence de presse Kyodo rapporte de son côté que les administrateurs de Nissan ont nommé le directeur général Hiroto Saikawa comme président par intérim. Renault avait pourtant demandé à son partenaire de l’alliance de reporter sa décision, ont indiqué des sources à Reuters.

Carlos Ghosn, architecte du partenariat entre Renault et Nissan, est en détention depuis lundi au Japon. Nissan l’accuse d’avoir sous-évalué ses revenus déclarés aux autorités japonaises et d’avoir utilisé des fonds du constructeur japonais à des fins personnelles. Le PDG de Renault, désormais évincé de la présidence de Nissan, est incarcéré à Tokyo et la justice japonaise a approuvé mercredi son maintien en détention pour 10 jours.

Mardi, le conseil d’administration de Renault a choisi pour sa part de ne pas destituer officiellement son PDG, dans l’attente de la communication par Nissan des éléments dont il dispose pour étayer ses accusations. Le groupe au losange a mis en place une direction provisoire. Le parquet de Tokyo n’a pas souhaité dire si Carlos Ghosn a reconnu ou non les faits de fraude financière qui lui sont reprochés, a déclaré jeudi Shin Kukimoto, procureur adjoint.

quid de l’implication du Premier ministre Shinzo Abe et des rumeurs de changement de législation pour permettre un achat d’actions de Renault jusqu’à ce que Renault perde ses droits de vote dans Nissan ?

Montages. Existe-t-il des montages qui peuvent lui être reprochés ? Des fuites le laissent penser. L’avenir le dira, mais si c’est le cas, alors que sa rémunération fait couler de l’encre depuis toujours, notamment au Japon où les patrons nippons perçoivent des salaires plus raisonnables que ceux des grands patrons occidentaux, ce sera le prétexte rêvé pour tenter de ravir à la France le contrôle du groupe en détrônant le mythique PDG.

Cette situation a-t-elle conduit les autorités japonaises à choisir une mise en scène à l’américaine, on se souvient de la spectaculaire arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New York, et à tenter de mettre fin à la suprématie de Renault sur Nissan qui a tendance à exaspérer le pouvoir ?

La très bonne forme économique de Nissan, sa productivité impressionnante, qui fait des salariés de l’entreprise les acteurs les plus performant du groupe, le double de ceux de Renault, ne donne-t-elle pas des ailes à un gouvernement japonais qui n’a jamais avalé les 15% de l’ensemble détenus par l’Etat Français ? Quid de l’implication du Premier ministre Shinzo Abe et des rumeurs de changement de législation pour permettre un achat d’actions de Renault jusqu’à ce que Renault perde ses droits de vote dans Nissan ?

Le gouvernement francais ne doit pas faire preuve de naïveté et doit anticiper un scénario qui affaiblirait nos intérêts économiques et l’image de notre industrie au plan mondial. Le maintien de la confiance à Carlos Ghosn tant qu’il n’est pas condamné et la montée en puissance de Thierry Bolloré sont de bonne augure. Soyons vigilants sur la suite des événements, agissons calmement, en évitant la précipitation qui caractérisa les pires heures d’EADS après la disparition de Jean Luc Lagardère.

Frédéric Lefebvre, ancien ministre, délégué national d’Agir.

 

 
Dernière modification : 22/11/2018