Fédération des Très Petites Entreprises

 
 
 
 
 
 
 


 

Le groupe GmS, votre partenaire pour l'installation et la maintenance de vos équipements en sécurisation de vos accès

Groupe GMS
 
 
 
 
 
 

GREXIT Enjeu du Sommet

 

L’enjeu du Sommet n’est pas nécessairement celui auquel on pense !

 
 
L’agenda du sommet de l’UE des 18/19 février, qui se penche sur l’accord entre l’Union et la Grande-Bretagne d’une part et l’immigration de l’autre, semble déjà suffisamment chargé. L’absence d’accords solides (peu probables) sur l’un ou l’autre de ces dossiers, aura des répercussions sur un troisième, crucial, qui n’est pas abordé : l’incertitude qui plane sur l’économie mondiale reflétée par la turbulence des marchés financiers et la menace d’une nouvelle crise financière majeure contre laquelle – malgré les mesures importantes prises après la débâcle de 2008/9 – les autorités politiques et monétaires de la planète se trouvent très largement démunies. Il est évident que ces trois dossiers sont inextricablement liés.
 
En fait, la priorité du sommet devrait être la cohésion de l’Union et la pierre de touche sa capacité à appréhender le défi de l’immigration et de la lutte contre le terrorisme. La relation entre l’Union et la Grande-Bretagne devient alors une question secondaire qui n’a lieu d’être prise en compte qu’au cas où – n’en déplaise aux britanniques – la pérennité d’une « Union toujours plus étroite » est assurée.
 
Le dossier de l’immigration est emblématique à ce titre : en effet, si l’arrivée « incontrôlée » (incontrôlable ?) de plus d’un million de migrants au cours de 2015 a - ou est en passe de – créé(r) des situations ingérables pour certains pays Membres de l’UE, ce défi ne devrait pas être insurmontable s’il était appréhendé à l’échelon européen.
 
Absorber pendant plusieurs années de 1 à 2 millions de personnes dans un espace vieillissant de 550 millions d’âmes,  qui a un besoin cruel d’immigration pour assurer sa croissance et préserver son niveau de vie, devrait être éminemment faisable d’autant plus qu’il s’agit de la région la plus riche du globe ! Cette réalité devrait être l’aiguillon d’une volonté politique renouvelée pour accélérer l’intégration européenne en apportant un démenti cinglant aux sirènes nationales-populistes qui surfent avec bonheur sur les atermoiements des politiques et les peurs engendrées par l’immigration dans le contexte d’une situation économique précaire.
 
Cela devrait amener le sommet à se pencher sur de la gestion d’une politique d’immigration commune (PIC). Lui serait dévolue la responsabilité : du contrôle des frontières extérieures de l’Union ; des relations avec les pays d’origine ou de transit ; de l’accueil des demandeurs d’asile ; de l’examen des dossiers (dans le respect des traités internationaux) ; de l’affectation ou, le cas échéant, du rapatriement des demandeurs. Le financement de ces actions devrait être assumé par le budget de l’Union ce qui requiert l’unanimité des pays membres. Rien n’empêche de tenir compte de facteurs démographiques favorisant l’installation des immigrants dans les pays les plus touchés par le vieillissement mais qui bénéficieraient dans ce cas des financements européens prévus à due concurrence.
 
Seule cette approche « européenne » permet de sauvegarder l’acquis communautaire, notamment les avantages du marché unique, de la libre circulation des personnes, des marchandises et des capitaux et la préservation de l’espace Schengen. Les  pays non-membres de l’Union mais associés à Schengen devront participer à l’effort commun.
 
L’alternative d’un rétablissement de contrôles permanents aux frontières internes de Schengen induirait un coût économique prohibitif et se révèlerait très vraisemblablement inefficace.  De surcroît, comme l’a démontré l’obligation de l’Allemagne et de la Suède de tempérer leur générosité d’accueil initial à cause du manque total de solidarité de certains pays Membres, la gestion autonome de l’immigration engendrerait inévitablement des conflits entre pays voisins, rappelant les pires souvenirs des années 1930. Cela conduirait inéluctablement au démantèlement accéléré de l’Union et de l’UEM.
 
La démonstration d’une solidarité européenne sur ce dossier constituerait une base solide pour la redynamisation du projet européen et notamment la relance de l’intégration de l’Eurozone, volet indispensable pour appréhender les risques d’une nouvelle crise financière. En effet, il est urgent de créer une autorité politique de l’Eurozone, qui fasse pendant à la BCE, avec qui une coordination entre politiques monétaires et économiques puisse être assurée.
 
La situation actuelle, où la BCE apparaît comme la seule véritable autorité agissante de l’Eurozone, est particulièrement dangereuse car la Banque est limitée statutairement dans ses actions. Un usage abusif de ses outils - taux négatifs, assouplissement monétaire (QE) - peut, faute d’alternatives sur lesquelles elle n’a pas de prise (réformes structurelles dans les pays de l’UEM, politiques budgétaires), lui faire perdre le contrôle des évènements. En effet, l’addiction à la drogue des taux d’intérêts bas et du QE apparaît, comme la morphine, de moins en moins efficace tout en étant de plus en plus difficile à inverser, comme le prouve l’incidence sur les marchés des décisions récentes de plusieurs banques centrales. Celles-ci et leurs Présidents respectifs sont devenus aujourd’hui, probablement à leur corps défendant, les héros incontestés (et demain les coupables vilipendés) responsables à eux seuls de la stabilité du système financier planétaire.
 
La Grande-Bretagne, dont les exigences portent en partie sur ces matières, doit prioritairement démontrer sa solidarité dans le cadre de l’Union et participer loyalement à résoudre les dossiers de l’immigration et du renforcement de la stabilité financière. Ce n’est qu’à cette condition qu’un examen de réformes complémentaires souhaitées par les anglais, est concevable.
 
Malgré l’apparente bonne volonté des parties, le danger du sommet est qu’il est susceptible d’accroître plutôt que d’atténuer les difficultés d’apporter des réponses crédibles aux attentes légitimes de 550 millions de citoyens européens.
 
Bruxelles, le 17 février 2016
 
Paul N. Goldschmidt

 
 

 

 
Dernière modification : 18/02/2016