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Financement participatif

Crowdfunding ( ou « financement participatif »)

 

Cet article est extrait de Revue Banque n°757

 

Supervision européenne : intégration ou complexification ?   Né outre-Atlantique, le phénomène du crowdfunding (ou « financement participatif ») a pour le moment principalement permis en France le financement de projets artistiques et culturels, mais il pourrait très vite se révéler comme une alternative crédible pour le financement en fonds propres de nos start-up et PME (crowdinvesting) et nous amener à repenser les schémas traditionnels d’allocation de capitaux. Selon ce modèle, avec quelques dizaines ou quelques milliers d’euros, chacun a la possibilité de souscrire sans intermédiation (via une plate-forme Web) à des actions d’une start-up ou d’une PME dont il se sent proche, tant sur un plan géographique (PME locales) qu’au regard des idées et valeurs qu’elles défendent.
En France, les premières plates-formes de crowdinvesting essuient encore les plâtres, mais l’économie numérique, le contexte social et la conjoncture économique pourraient très vite leur donner raison.

Une épargne longue des plus copieuses

D’un côté, les Français, désintéressés de la finance traditionnelle et lassés par une trop forte intermédiation bancaire, sont à la tête d’une épargne longue particulièrement copieuse. Selon l'Insee, l’épargne des Français représentait (à fin 2011) 16,8 % des revenus des ménages, ce qui les classe sur le podium mondial des fourmis (un taux inédit depuis 1983). Dans le même temps, les incitations fiscales favorisant l’investissement dans les PME, qui ont certes souffert d’un double coup de rabot, devraient s’avérer être (aux dires de l’actuel gouvernement) un des rares leviers pérenne de défiscalisation pour les particuliers au titre des 4 prochaines années.
De l’autre côté, notre tissu économique, dont l’appétit en capitaux ne tarit pas, est proche de la désespérance. Face à ce délitement programmé, il a plus que jamais besoin d’être soutenu par l’initiative privée, moralement et financièrement. L’investissement des acteurs institutionnels dans le private equity a fondu au titre de l’année 2012 et il compte désormais pour moins de 20 % des capitaux levés, contre 40 % il y a encore peu… ; la Banque Publique d’Investissement (BPI) est quant à elle prometteuse pour soutenir notre économie, mais certainement davantage pour le pragmatisme opérationnel qu’elle apportera en rapprochant des entités existantes (FSI, OSEO, CDC Entreprises) que pour sa force de frappe.

 

Un constat amer

Faute d’avoir atteint une taille critique, les marchés boursiers traditionnels ne répondent pas au besoin de cet écosystème de start-up et PME. Trop coûteux et trop contraignants pour les émetteurs, ils ne font pas davantage rêver les Français, si l’on considère les 2 millions de petits porteurs qui ont quitté les marchés cotés depuis le début de la crise financière (2008). Il n’existe donc pas, à cette date, de moyen efficient pour assurer cette interface (directe) entre les besoins de financement à long terme de nos start-up et PME et les opportunités que recherchent les investisseurs privés. Le constat est amer : les PME représentent près de 65 % de l’économie hexagonale, mais moins de 1 % des actifs détenus dans le portefeuille des Français sont consacrés aux PME. Si d’aucuns prêchent davantage pour un fléchage de l'épargne réglementée (Livret A, Livret de Développement Durable et assurance vie) vers le financement des PME, il est nécessaire de donner à l’épargnant français les moyens d’investir directement dans des start-up et PME.


Le pari des nouvelles plates-formes

Comment, dans ce contexte, ne pas considérer le modèle économique du crowdinvesting comme un axe vertueux de rencontre et une alternative attractive pour répondre aux besoins de financement et de développement de nos start-up, TPE et PME ? C’est en tout cas le pari que font ces nouvelles plates-formes de crowdinvesting (avec notamment SmartAngels, Finance Utile, ou Anaxago). Même si elles demeurent encore marginales à ce jour (notamment en France), elles n’en sont pas moins ambitieuses et la tendance est bien réelle. Elles s’appuient sur la puissance d'Internet et sur sa communauté en croissance exponentielle. Elles bénéficient en outre de la visibilité et des relais offerts par des réseaux sociaux désormais matures. En plus d’être un moyen de financement, ces plates-formes s’avèrent être un efficace levier de marketing.
Pour le moment, elles restent exclusivement orientées vers le marché des start-up innovantes à fort potentiel de croissance et ne s’inscrivent qu’en complément du business angel et du venture capital.
Grâce au Web 2.0, chacun a la possibilité d’être un investisseur « actif » et de mettre à disposition son réseau professionnel et son expérience. L’investisseur, valorisé, devient un prescripteur, voire un ambassadeur pour la société. La finance retrouve ici tout son sens et sa fonction originaire : l’épargnant n’est plus dans une logique spéculative d’achat/revente à court terme, mais dans un investissement à dimension humaine qu’il cherchera à faire fructifier sur le long terme. Aussi antinomique que cela puisse paraître, le Web 2.0 semble ici créer du lien social et réinventer une finance de proximité.
En 30 ans, la révolution numérique et l’informatisation de la société ont bouleversé les fondamentaux de l’économie. Si le phénomène du crowdinvesting en est une illustration, pour se développer et s’imposer comme une alternative crédible de financement, il lui reste encore à faire ses preuves et à résoudre un certain nombre d’équations.


Ajuster la réglementation bancaire et financière

Il s’agit tout d’abord de permettre une désintermédiation tout en garantissant aux épargnant sune information financière complète et transparente, ainsi qu'une protection suffisante.
Il s’agit ensuite de trouver un cadre législatif et réglementaire adapté au niveau européen, pour que ce modèle économique puisse s’exprimer utilement. Le phénomène du crowdinvesting mobilise actuellement les autorités de régulation (notamment, en France, l’AMF et l’ACP) ; sans vouloir a priori le condamner, elles entendent bien appliquer une réglementation bancaire et financière – évidemment nécessaire à la protection des épargnants –, mais qui semble toutefois devoir être ajustée à ce nouveau modèle de financement.
De nombreux acteurs du crowdfunding ont alerté les décideurs politiques et les autorités de régulation sur le besoin de fixer un cadre réglementaire proportionné à ce modèle et à ses spécificités. Les autorités ont été encouragées à suivre l’exemple des États-Unis qui, par l’adoption du JOBS Act (promulguée le 5 avril 2012 par Barack Obama), entend alléger les contraintes réglementaires sur l'appel à l'épargne des start-up. Si la Securities and Exchange Commission (SEC) – le gendarme de la Bourse américaine – n’a toujours pas ratifié JOBS Act, un mouvement de fond est véritablement lancé.


Le goût de l’aventure entrepreneuriale


Sous réserve de lui trouver ce cadre réglementaire, le crowdinvesting pourrait se présenter comme un outil populaire pour un financement de proximité. Il suffirait peut-être d’une seule success story pour que le phénomène du crowdinvesting prenne très vite une autre ampleur. S’il faut toujours une part de rêve pour avancer, notons que les pépites en devenir ne sont pas nécessairement repérées et accompagnées par des fonds de capital risque. En phase d’amorçage, Facebook ou Google n’avaient pas obtenu le soutien financier de fonds de private equity, il resterait donc de belles places à prendre pour les particuliers visionnaires, s’ils retrouvaient le goût de l’aventure entrepreneuriale et de l’initiative. À bon investisseur

Avec l accord  d’ Edouard Waels    Avocat

 

 

 
Dernière modification : 05/11/2015